Il faut sauver les animaux …

… Car ils sont malades.

C’est sûrement ce que pense le petit baleineau désormais, après les avoir rencontrés sur la plage de Saint Aygulf.

Il passait là par hasard, à la recherche de sa mère. L’endroit avait l’air sympathique alors il a décidé de se ballader près de la place, et de faire la planche, au rythme des chansons colorées de l’été qui s’échappaient des paillottes animées. C’est là qu’il les a vus pour la première fois, les animaux. L’un d’eux l’avait repéré, le doigt pointé. Le petit animal avait prévenu les grands :

« regardez ! il est là, le petit Baleineau !

– Où ça ? où ça ? »

Le petit baleineau avait pensé : ‘oussa oussa’… quel drôle de cri ! mais quelle est cette espèce que je ne connais pas ? Apparemment, ils se déplacent en bancs. Mais il y en a peu qui nagent. C’est marrant, il y en a de toutes les couleurs. Oh bon sang ! ils foncent sur moi !!

Les Oussa Oussa l’avaient déjà cerné, et ils déferlaient en masse, telle une vague venue de la terre.

« Je le vois ! regardes, près des rochers !

– Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

– Ouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahh

– On y vaaaaaaaaaaa »

Ces étranges animaux fondaient sur lui et le petit baleineau fut pris d’une panique incontrôlable.

Une partie des animaux, néanmoins se tenaient à l’écart, et arrivaient par les rochers. On aurait dit qu’ils tentaient de repousser les autres. Ils voulaient nourrir le baleineau, mais ils ne parvenaient pas à refreiner la meute hurlante. Le baleineau, lui, avait peut être compris qu’une partie des animaux cherchaient à l’aider. Mais la horde des autres semblait incontrôlable… Et pourtant il avait faim. 10 jours qu’il errait sans pouvoir se nourrir, depuis qu’il avait perdu sa mère. Il ne savait pas, lui, que quelques animaux avaient tout prévu : la nourriture et les soins…mais qu’ils n’avaient pas prévu les débordements de leurs congénères.

Il se cognait dans les rochers désormais, ne parvenant à trouver la sortie. Au milieu des cris animaliers, il percevait les clacs des appareils photos, la bousculade des animaux qui se pressaient pour le toucher, le sentir, l’entourer de leurs sales pattes gluantes aux odeurs insupportables. Il y en avait même un avec un sifflet, qui tentait vainement de renvoyer les autres sur le rivage. Pauvre baleineau. Il saignait, maintenant, mais il réussit à se frayer un passage. Il avait raté son rendez vous avec sa mère, puis il manquait maintenant de forces car il n’avait pas réussi à profiter du repas que quelques animaux (les plus évolués sans doute) lui avaient préparé.

En regagnant difficilement le large, il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour cette étrange espèce. Ils avaient l’air bien malades. Malades et dangereux sans doute. Mais que faire pour eux ? Etait-il déjà trop tard. Ces animaux semblaient pris d’une étrange frénésie. Il y en avait même qui semblaient vouloir le blesser, et garder en souvenir un morceau de sa peau. Les pauvres…. Ces animaux doivent être réellement désespérés ! Il faut faire quelque chose pour eux. Mais quoi ? se demandait le baleineau, déjà épuisé…

Dominique

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