L’affaire Trouillochon

http://www.wat.tv/audio/faites-entrer-accuse-instrumentale-fd7i_2g157_.html

Nous sommes le 28 Janvier 1985 et Antoinette Trouillochon rentre chez elle, comme tous les soirs. Il est 18H40. Antoinette a terminé son service à l’hopital psychiatrique Sainte Ernestine vers 18H30, et s’est engouffrée dans le froid de cet hiver rigoureux. Dehors, il fait – 21°. Antoinette Trouillochon descend les escaliers de la station « Glaciaire » à la volée. Elle a l’air pressé… Certains de ses collègues affirmeront plus tard qu’elle avait « un rendez-vous minitel »… Antoinette s’approche de la rame, ouvre la portière, et s’accroche in extremis à la barre gluante de la ligne 6, et le métro s’en va. Plus personne ne reverra Antoinette Trouillochon.
C’est l’inspecteur Saupiat (comme ça se prononce) qui s’est occupé de l’affaire à l’époque. Il est avec nous ce soir :
« Monsieur le commissaire, bonsoir. Car, depuis, vous êtes devenu commissaire divisionnaire, muté en 1995 à Saint Pierre-Emiquelon..
– Bonsoir
– Alors j’ai envie de vous demander comment a commencé pour vous cette affaire Trouillochon ?
– C’est simple, nous avons reçu simultanément un signal d’alarme au commissariat du 13è où j’étais à l’époque, et un appel du voisin de la victime, en plus de l’arrêt d’urgence signalé dans la rame où se trouvait la victime vers 18h52.
– c’est cela qui est troublant les trois événements se produisent presque simultanément.
– oui, disons que le signal d’alarme du commissariat ne nous avait pas vraiment alertés, parce que c’était le jour de l’enterrement de vie de garçon d’un collègue et le commissaire Blaguepas était assez farceur alors sur le moment on s’est dit…
– Vous vous êtes dits que c’était une plaisanterie
– oui
– et alors ?
– bien, après vérification, il s’est avéré que le collègue Lemanche avait en effet actionné le signal d’alarme par erreur, en ouvrant une canette de bière.
– Mais alors qu’en est-il de l’appel du voisin de la victime ? Car en effet, vous dites que cet appel s’est produit au même moment ?
– Tout à fait, au même moment, mais on l’a su que plus tard. Comme je vous l’ai dit, Robert avait actionné le signal d’alarme, et, du coup, on n’a pas entendu le téléphone.
– ?
– !
– Mais alors…
– Et bien en fait il a rappelé mais le lendemain.
– Et?
– C’était une erreur, d’ailleurs j’ai ici une copie de la main courante sur laquelle est relaté l’événement. C’est le brigadier Toudurc qui l’a noté.
– Le brigadier Tr…
– Non, non, Tou-durc !
– Ah pardon.
– En fait, le voisin de la victime cherchait à joindre les pompes funêbres, et il s’est trompé de numéro
– Les pompes funêbres! Comme c’est troublant.

Mais l’affaire Trouillochon ne va pas s’arrêter là. Dans cette rame qui la conduit vers l’enfer, ou plutôt Denfert (Rochereau), Antoinette va se faire remarquer d’une façon inattendue. En effet, des passagers interrogés plus tard affirmeront qu’ils l’avaient vue « aguicher » de façon très nette le conducteur de la rame, l’agent de la RATP Yvon Fairgraive.
Monsieur Fairgraive est avec nous également … (à suivre)

Dom.

PS : la musique est de Michel Legrand. Elle fut le générique d’un film : le messager (The go-between, de Joseph Losey en 1970)

À propos de Dommage

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