Le cas Mercuri Urval …

Ah, Mercuri Urval !

Je démarre tout net par une question sincère : cette entreprise existe-t-elle ?

En effet, galérienne de l’emploi que je suis, n’ayant pas de métier (je suis manager commerciale !.. ), j’en ai passé du temps à chercher des jobs.
Bac + 5, j’ai écumé une bonne centaine de sites d’offres d’emploi cadres aussi bien (et alternativement) au cours de mes longues périodes de chômage que pendant mes emplois fixes, au rythme de mes contrats à durée indéterminée, souvent plus courts que des CDD. En effet, mon record absolu pour un contrat de travail avoisinne les 3 ans et demi. Et oui, pour mes contrats de travail, c’est comme pour l’âge des enfants : le « et demi » compte, et il est même important, car c’est lui qui fait la différence.

Bref, j’en ai envoyé des CV, des candidatures, des réponses à des annonces…. Allez, si on fait le compte, sur ces 12 dernières années, j’ai travaillé 8 ans, j’ai fait 1 an d’études, et 1 an de « glande ». J’ai donc passé 2 ans à chercher officiellement du travail pour échapper au chomage. Si l’on considère que j’ai répondu dans cette période au moins à 1 annonce par jour, cela nous amène à 730 annonces. Si l’on ajoute à ça les multiples annonces auxquelles j’ai répondu pendant mes périodes de travail parce que je voulais trouver mieux, ou simplement me sortir d’une impasse où seul le mot Assedic s’inscrivait à l’horizon, j’ai sûrement franchi la barre des 1000 ! Vous vous rendez compte? 1000 annonces !

Si comme moi vous avez souvent recherché le poste de vos rêves sur cadremploi ou apec.fr, vous n’avez pas pu ne pas tomber sur ce poste mis en avant par la société Mercuri Urval, célèbre entreprise ayant déclaré comme activité « Cabinet de recrutement ». Si j’étais volontairement pessimiste, je dirais que 15% des annonces auxquelles j’ai répondu transitaient par ce cabinet. J’ai donc envoyé en bonne et dûe forme pas moins de 150 candidatures à Mercuri Urval ! Mercuri Urval, ça sonne bien comme nom. On se dit qu’on est entre de bonnes mains. D’ailleurs, tout comme les magasins Ikéa, ils sont Suédois, et apparemment présents partout dans le monde. C’est quand même impressionnant.

Eh bien non. Non, vous ne me croirez pas…. Et pourtant c’est vrai. Aucune de mes 150 candidatures n’a trouvé grâce à leurs yeux ! Sur 150 emails, courriers, dossiers, CV, réponses envoyées chez « Mercuri Urval », AUCUNE, jamais aucune, pas la moindre, pas une fois, ne m’a valu d’être invitée au plus petit entretien : 0, peau d’balle !

Pire ! j’ai voulu savoir, comprendre, alors j’ai mené l’enquête, auprès de 4 personnes qui, comme moi, ayant Bac+5, ont dû batailler ferme pour se faire une place au soleil (entre deux averses), dégoter des boulots improbables, se sortir du ruisseau. Je vous informe tout de suite que ces personnes sont des gens honnêtes, travailleurs, et qu’ils ont des compétences au dessus de tout soupçon. Leur « employabilité » n’est en aucun cas à mettre en doute. Je me suis dit « eux vont m’expliquer » car ils y sont allés chez Mercuri Urval… »
Et bien non. Eux non plus. Aucun des 4 amis, collègues (je précise qu’ils ont tous des parcours différents) n’a jamais eu l’honneur d’être convié à un entretien chez Mercuri Urval.

Ce nom résonne pour moi désormais comme un mythe, une sorte d’Atlantide de l’emploi, un 6è continent englouti du marché des cadres, où se croisent les populations Alpha et Oméga de la planète recrutement. C’est un lieu inaccessible, une planète différente sur laquelle la main du candidat à l’emploi Lambda n’a jamais mis le pied.

Mercuri Urval qui es-tu? Un « crop circle » aperçu un jour sur un site internet de recrutement ? Quel est ton message ? Mercuri Urval. Existes-tu vraiment ?

Si quelqu’un a la réponse…

À propos de Dommage

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