Le discours d’un Flamby

FH

Ah on peut dire qu’on l’a attendu celui-là ! Pour tout vous dire, je n’y croyais plus. Je me disais, « mais pourquoi ne saisit-il pas cette occasion unique de rentrer dans l’Histoire ? C’est vrai ça, s’il ne l’avait pas fait, après, d’obscurs scribouillards erzatz de Présidents nerveux auraient pu éructer des discours sur le thème « l’homme Flamby n’est pas assez rentré dans l’Histoire ». Ouf, il n’en est rien, il s’est rendu compte, et il a pris la parole.

Si vous avez raté son discours, pas de panique,  je vous le retranscris ici. Sympa non ? Allez, ne me remerciez pas, c’est cadeau.

« Mes chers compatriotes,

notre pays traverse actuellement une période troublée et difficile. Difficile pour les plus fragiles, pour les plus démunis et les plus faibles.  Partout la précarité menace, le sentiment d’abandon gagne du terrain, et l’espoir d’un lendemain diminue, laissant place bien souvent à la peur et à la colère.

Un chômage de masse pandémique, une insécurité alarmante, des services publics défaillants, un système de santé qui s’éloigne chaque jour de sa mission première, c’est à dire l’accès aux soins pour tous, et de façon égalitaire. Et nous avons eu la misérable habitude, avec la complicité des Medias, de faire croire au plus grand nombre que cette situation était due aux étrangers, aux immigrés, aux Roms, aux Musulmans, aux Juifs, aux homosexuels, brefs, nous avons fait porter la responsabilité de nos fautes sur les minorités les plus évidentes aux yeux de l’opinion.

Je tiens à déclarer devant vous que cette situation est le résultat de choix ineptes et de politiques délibérées que nous, gouvernants de gauche et de droite avons mises en place depuis 40 ans. Je veux reconnaître ici nos erreurs. Oui, nous avons échoué. Succombant jour après jour aux sirènes des lobbies qui nous entouraient, nous accaparaient autour des Ministères, autour des Assemblées, nous avons honteusement trahi les peuples, préférant nous corrompre, privilégiant des choix aux bénéfices de quelques-uns, et au détriment du plus grand nombre.

Une idéologie s’est insidieusement propagée au sein des élites, et nous l’avons unanimement acceptée et reconnue comme la seule voie possible. Pire, nous avons fait en sorte que cette idéologie devienne la norme, n’accepte aucune contradiction, et soit enseignée partout dans les écoles, dans les Universités. «Au nom de la Liberté» disions-nous, comme pour nous justifier. Mais de Liberté au bout du compte il n’était pas question. Non, il n’était question que de carrière, et, disons-le carrément, d’argent. Car si cette idéologie porte un nom c’est bien celui-ci, c’est l’idéologie de l’argent.

Et voici où tout ceci nous mène, voici où nous en sommes en 2013. Notre pays est pris en otage. Non pas par une poignée de grévistes comme nous avons tant de fois tenté de le faire croire en utilisant odieusement cette expression pour manipuler l’opinion. Non, notre pays est pris en otage par ceux à qui nous avons donné nous mêmes les armes pour nous réduire en esclavage.

Nous nous sommes dépossédés de tout, de tous nos atouts, et de tous nos pouvoirs. Décisions politiques, poids économique, monnaie. Et nous payons très cher ces funestes décisions. Aujourd’hui, les gens qui nous financent nous pressent d’abandonner un à un tous les droits sociaux que vous avez mis des décennies à conquérir. Santé, sécurité, sécurité sociale, droit du travail. Soyons clairs, leur objectif est de tout détruire afin de tirer de chacun d’entre vous le maximum de rentabilité, en vous plaçant en situation d’extrême faiblesse et de totale précarité s’il le faut, afin que vous n’ayez d’autre choix que d’avancer dans la direction qu’ils ont fixée. Et tout cela pour leur profit maximal, et pour rien d’autre. La dignité humaine, le bonheur, la santé n’ont pas cours dans leur projet.

Vous m’avez élu, et je veux vous dire que je vous ai entendus. J’ai compris votre colère, et vous m’avez convaincu.

Aussi, j’ai pris les décisions qui s’imposaient.

J’ai informé les agences de notation qu’à partir de ce jour, plus aucune de leurs recommandations ne seraient prises en considération dans notre politique économique. J’ai immédiatement fait fermer leurs bureaux sur notre territoire.

J’ai décrété la nationalisation de BNP Paribas, Société Générale, Crédit Lyonnais et du Crédit Agricole. Ce décret prend effet immédiatement et sera assorti d’un renouvellement total des équipes dirigeantes. Nous étudions d’ailleurs également avec le Premier Ministre une liste d’entreprises figurant au CAC 40 qui feront aussi l’objet d’une nationalisation. Je vous communiquerai cette liste dans la journée.

J’ai décidé de fermer provisoirement la bourse, et de faire arrêter toute activité spéculative n’ayant pas directement d’impact sur le financement de l’économie réelle.

Je veux redonner au travail la part qu’il a perdu par rapport au capital, et rattraper le retard. Nous prendrons les vraies mesures qui iront dans ce sens.

Je m’engage à prendre toutes les mesures pour en finir vraiment avec les paradis fiscaux et pour recouvrer réellement l’impôt des plus riches. La fraude représente plus de 60 Milliards par an. C’en est fini de faire semblant de récupérer cet argent et de faire peser le poids de cette perte sur les plus pauvres. Nous irons chercher l’argent là où il est et nous nous attaquons dès maintenant à la grande réforme fiscale prévue. Du coup, bien sûr, les 35 heures ne seront plus remises en question, l’âge de la retraite sera  immédiatement ramené à 60 ans, et à taux plein, car contrairement à ce que nous avons fait croire, nous en avons les moyens.

C’en est également fini de cette politique délibérée et choisie du chômage de masse. Car oui, mes chers compatriotes, je peux l’avouer devant vous aujourd’hui, le chômage n’est pas une fatalité. C’est un choix, odieux, je l’admets, que nous avons fait, dans les années 70, afin de réduire l’inflation à un taux minimal, et ce, dans l’unique but de protéger la rente. Ainsi, nous pouvions faire pression sur les salaires et cesser de les augmenter, afin de maintenir sous pression la population qui, par peur de perdre son emploi, petit à petit, devait cesser toute revendication. Dans le même temps, les richesses, mécaniquement, passaient de façon constante et inévitable des poches des salariés à celles des actionnaires. Nous en sommes arrivés là et je le regrette.

J’ai donc demandé la réunion immédiate d’un sommet Européen et, grâce à l’appui de plusieurs de nos partenaires, nous allons changer de politique monétaire, une fois pour toutes. Révoquer la BCE s’il le faut, créer une nouvelle banque Européenne, et cette banque prêtera directement aux Etats, et sans intérêts, et les pays de la zone Euros harmoniseront leurs politiques fiscales et sociales, à partir des bases les plus favorables aux salariés. C’est en fini du règne de la Finance !

Par ailleurs, je vous informe que nous interrompons immédiatement les discussions autour du traité inique et dangereux de « libre échange transatlantique ». Ce traité ne peut qu’être nuisible à l’Europe. »

Driiiiiiiiing…. Boiiiiiiiiiiiiing …..  Mais qu’est-ce que ?….. Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing  Oh p……. punaise !!! C’est pas vrai !!!!!??? ….. Mon réveil ….      🙁    🙁    🙁

D.

À propos de Dommage

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