Le secret d’une super puissance enfin révélé

Croyez-le ou non je pense avoir découvert pourquoi les Etats-Unis ont mis le monde entier sous domination.

J’aimerais vous dire qu’il ne me reste que quelques détails à régler et que d’ici quelques semaines la recette infaillible et révolutionnaire, à base de gélules sera en vente exclusive sur ce site (réservez dès maintenant, vous pouvez payer en 3x sans frais, une offre de lancement exceptionnelle vous est proposée, etc.)

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Hélas !  L’avenir, si c’était le cas, se dessinerait pour moi sous un jour tout autre et je serais probablement à l’heure qu’il est en train de réserver quelque voyage en première classe à l’autre bout du monde. Non, je connais leur secret, mais je suis incapable de le reproduire. Car il faudrait pour cela que je puisse élargir le temps.

En effet, le secret des Américains pour exercer leur puissance sur la planète est à la fois simple et inaccessible. Ces gens là n’ont pas comme nous des misérables petites journées de 24H, non ! La leur, de journée, dure au minimum 30 heures, voire 35 dans certains cas ! Voilà le secret de leur réussite !!

Il suffit pour cela de regarder leurs séries pour comprendre. Ah mais c’est qu’ils en font des choses en une journée ! D’abord, mais vous l’aviez déjà compris, ces gens là travaillent bien plus que les autres et surtout que nous, pauvres feignasses aux 35 heures. En rendez-vous, frais et dispos dès 7 heures du matin, ils prennent parfois l’avion en milieu de matinée depuis Newark pour rejoindre Bangor dans le Maine car ils ont un ancien collègue à voir qui pourrait les renseigner sur une affaire en cours et faire avancer leur business.

De retour en milieu d’après-midi, ils sont quand même entretemps allés déjeuner chez un vieux pote qui tient un restaurant de fruits de mer sur le port de Newhaven et ils ont refait le monde autour d’un homard thermidor en finissant par un vieux Havane. Une fois au bureau, quelque part à Manhattan, ils ont appelé leur femme, réglé quelques difficultés avec leur gosse ainé  à l’école et entrent dans une réunion où il ne faut les déranger sous aucun prétexte. C’est pourtant ce que s’empresse de faire l’assistante dans les trois minutes, prétextant quelque urgence qui va obliger notre héros à prendre un taxi, traverser Manhattan et se rendre dans un quelconque quartier isolé du Bronx où il devra probablement botter quelques fesses et soudoyer quelques informateurs.

Vous noterez au passage que vers 16h45 – oui déjà vous n’en croyez pas la pendule, il s’est passé tout ça et il n’est pourtant que 16h45, c’est insensé, vous rêvez comme moi de la puissance que nous conféreraient de tels espaces temps dans nos pauvres journées, finies alors qu’elles n’ont pas commencé, finies alors qu’on n’a rien fait, et que déjà le temps passe, qu’on est vieux et qu’on va mourir – Il est 16H45 donc, la coiffure est toujours impeccable, la cravate immaculée, et les dessous de bras au dessus de tout soupçons.

Manhattan, Bronx, Bronx, Manhattan, retour au bureau. C’est là que commence la paperasse ! Ah la paperasse, les dossiers ! Jusqu’à tard dans la nuit New-Yorkaise…  Quelle heure est-il ? Point de pendule là-bas mes amis dans les bureaux ! Mais personne ne part, personne ne rentre chez soi ! Ou alors beaucoup plus tard, à l’heure où vous et moi n’avons plus que des activités horizontales. Eux sortent du bureau, enfin ! Mais c’est pour aller boire des bières entre collègues.

On les retrouve dans quelque bar bondé où, en pleine forme, sans le moindre signe de fatigue, ou alors bien vite effacé par la bonne humeur, ils avalent quelques frites noyées dans la Budweiser. Un coup de mou ? Un regard de blues dans la glace des toilettes ? … toujours un ami bienveillant qui vous pose la main sur l’épaule et vous dit « Tu es sûr que ça va ? » « Oui tout va bien je t’assure. »

Plus tard encore, mais je n’ose plus émettre d’hypothèse, ils rentrent chez eux, vont entrouvrir la chambre des enfants, vérifier que les draps se soulèvent en rythme, s’approchent, battent en retraite rassurés, et foncent … vers la cuisine !! Mais iront-ils se coucher ?? Que nenni.

C’est le moment d’ouvrir le frigo, de sortir la bouteille de Chardonnet et de se verser un grand verre de blanc (bon souvent aussi c’est du rouge), puis d’aller se poster à la fenêtre avec un air pensif, non sans avoir jeté ses chaussures au milieu du tapis et, ou desserré la cravate (selon les cas).

Mais ne nous y trompons pas ! Quelle que soit l’heure avancée ou reculée à laquelle nous laissons notre héros à la fenêtre, et quelles que soient ses activités suivantes,  la nuit sera dense et réparatrice. Nous le (la) retrouverons dès l’aube, à l’heure où le soleil rêve encore, dans la cuisine, un plat rempli de délicieux pancakes à la main, sourire radieux. Le petit déjeuner est prêt pour toute la famille. « A table les enfants ! »

Voilà. Je ne sais pas vous, mais moi, ça m’impressionne, me laisse sans voix ! Comment expliquer ce miracle autrement que par une découverte sans précédant ? Ils ont réussi à séparer l’espace et le temps. C’est sûr. C’est ça le secret.

Dom

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