L’erreur est humaine

Human-Evolution

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais au moment de rechercher les causes de quelque accident ou catastrophe, le plus on fouille, le plus ça tarde, le plus on s’oriente presque systématiquement vers une conclusion qui semble fatale, c’était une erreur humaine !  Et toc ! La faute de l’Homme. La faute de l’Humain. Verdict : errare humanum est.

Catastrophe aérienne ? C’était la faute du pilote, qui a mal jugé l’altitude, qui n’a pas su dégivrer les sondes, qui n’a pas sucré son café, ou qui n’a pas cru l’hôtesse de l’air quand elle lui disait que le téléphone était mal raccroché l’autre soir au Sofitel, bref, en tous cas pas la faute d’Airbus, pas la faute de Thalès, pas la faute de Rolls Royce, ça va pas non ? Ca peut quand même pas être la faute des grandes sociétés multinationales cotées en bourse ! Non c’est la faute de l’Homme-salarié.

Catastrophe ferroviaire ?  Fouillons vite les agendas, table de chevet, compte Facebook et journal intime du conducteur pour voir s’il n’avait pas fait des paris stupides ou des confessions intimes dans lesquelles il avouait sa faute à l’avance, parce que quand même ça arrangerait tout le monde.

Cherchez pas, quand le bateau coule, c’est la faute du capitaine, parce que ça ne peut pas être la faute du constructeur, ça ne peut pas être la faute de l’équipementier, ça ne peut pas être la faute du manufacturier, de l’électricien, de la machine outil, du radar, du système électronique, de l’informatique, toutes des multinationales avec des actionnaires dedans. Non, pas possible, c’est l’Homme, ce con !

C’est pour ça que partout où on le peut (Et d’ailleurs on le peut partout) il faut supprimer l’être humain. Terminées les caissières au supermarché ! C’est pas parce qu’on y gagnerait en rentabilité. Meuh-non, qu’allez-vous chercher ? C’est parce que l’Homme, c’est plus fort que lui, il fait des conneries. Du coup maintenant, vous êtes votre propre caissière ! Vous pouvez passer vous-même les articles devant le lecteur et payer ensuite ce que vous devez. Notez que ce n’est pas moins cher pour autant. Mais je dis ça, je dis rien …

Adieu caissière, adieu guichetier de la SNCF aussi, parce que maintenant, le guichetier, c’est moi, je prends mon billet moi même, sur internet, pour monter dans un train qui n’aura bientôt plus de conducteur non plus. D’ailleurs tant mieux puisqu’ils ne font que des conneries ! Mais oui, les trains, les métros maintenant, ils n’ont plus de conducteur !  ça faisait bizarre au début, mais maintenant, ce qui ferait bizarre, ce serait d’en voir un ! On se dirait qu’il y a un problème.

Adieu banquière, car maintenant, comme le dit la pub, avec B For Bank, ma banquière, c’est moi. Je peux, du coup, aller faire du bateau. Enfin le bateau c’est pour la pub. Nous c’est plutôt de la galère qu’on fait.

Adieu standardiste, adieu bureau d’accueil, adieu service client, adieu interlocuteur, adieu Madame, adieu Monsieur. Plus personne à qui poser des questions, plus personne à qui se plaindre. Comme c’est pratique…

Bon après, quelques esprits chagrins vont se demander pourquoi on n’a plus d’emplois, je les vois d’ici. Mais que voulez-vous, il y en a toujours qui ont mauvais esprit …. De pauvres humains quoi !

Tiens, j’ai même vu récemment un truc extraordinaire ! Les voitures particulières bientôt n’auront plus besoin de chauffeur ! Elles se conduiront toutes seules. Le système fonctionne déjà. Vous laissez la voiture sur un parking, elle cherche toute seule une place disponible et va se garer.  Bientôt nous n’aurons même plus besoin de monter dans les voitures. De toutes façons quelle importance nous n’aurons nulle part où aller, et personne à y voir ! Autant que la voiture y aille toute seule …

D’ailleurs je cherche un logiciel qui écrirait des articles tout seul et le mettrait en ligne sur le blog tout seul. Si vous en connaissez, faites-moi signe.

Bon je dis ça mais en même temps, il y a de grandes chances pour que je ne m’adresse qu’à des machines, puisque ce blog n’est déjà plus visité que par des robots qui mettent des commentaires automatiques à caractère publicitaire.

Enfin, on ne sait jamais… si quelqu’un me lit … Il y  a quelqu’un ??

Dom.

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Le secret d’une super puissance enfin révélé

Croyez-le ou non je pense avoir découvert pourquoi les Etats-Unis ont mis le monde entier sous domination.

J’aimerais vous dire qu’il ne me reste que quelques détails à régler et que d’ici quelques semaines la recette infaillible et révolutionnaire, à base de gélules sera en vente exclusive sur ce site (réservez dès maintenant, vous pouvez payer en 3x sans frais, une offre de lancement exceptionnelle vous est proposée, etc.)

captain-a

Hélas !  L’avenir, si c’était le cas, se dessinerait pour moi sous un jour tout autre et je serais probablement à l’heure qu’il est en train de réserver quelque voyage en première classe à l’autre bout du monde. Non, je connais leur secret, mais je suis incapable de le reproduire. Car il faudrait pour cela que je puisse élargir le temps.

En effet, le secret des Américains pour exercer leur puissance sur la planète est à la fois simple et inaccessible. Ces gens là n’ont pas comme nous des misérables petites journées de 24H, non ! La leur, de journée, dure au minimum 30 heures, voire 35 dans certains cas ! Voilà le secret de leur réussite !!

Il suffit pour cela de regarder leurs séries pour comprendre. Ah mais c’est qu’ils en font des choses en une journée ! D’abord, mais vous l’aviez déjà compris, ces gens là travaillent bien plus que les autres et surtout que nous, pauvres feignasses aux 35 heures. En rendez-vous, frais et dispos dès 7 heures du matin, ils prennent parfois l’avion en milieu de matinée depuis Newark pour rejoindre Bangor dans le Maine car ils ont un ancien collègue à voir qui pourrait les renseigner sur une affaire en cours et faire avancer leur business.

De retour en milieu d’après-midi, ils sont quand même entretemps allés déjeuner chez un vieux pote qui tient un restaurant de fruits de mer sur le port de Newhaven et ils ont refait le monde autour d’un homard thermidor en finissant par un vieux Havane. Une fois au bureau, quelque part à Manhattan, ils ont appelé leur femme, réglé quelques difficultés avec leur gosse ainé  à l’école et entrent dans une réunion où il ne faut les déranger sous aucun prétexte. C’est pourtant ce que s’empresse de faire l’assistante dans les trois minutes, prétextant quelque urgence qui va obliger notre héros à prendre un taxi, traverser Manhattan et se rendre dans un quelconque quartier isolé du Bronx où il devra probablement botter quelques fesses et soudoyer quelques informateurs.

Vous noterez au passage que vers 16h45 – oui déjà vous n’en croyez pas la pendule, il s’est passé tout ça et il n’est pourtant que 16h45, c’est insensé, vous rêvez comme moi de la puissance que nous conféreraient de tels espaces temps dans nos pauvres journées, finies alors qu’elles n’ont pas commencé, finies alors qu’on n’a rien fait, et que déjà le temps passe, qu’on est vieux et qu’on va mourir – Il est 16H45 donc, la coiffure est toujours impeccable, la cravate immaculée, et les dessous de bras au dessus de tout soupçons.

Manhattan, Bronx, Bronx, Manhattan, retour au bureau. C’est là que commence la paperasse ! Ah la paperasse, les dossiers ! Jusqu’à tard dans la nuit New-Yorkaise…  Quelle heure est-il ? Point de pendule là-bas mes amis dans les bureaux ! Mais personne ne part, personne ne rentre chez soi ! Ou alors beaucoup plus tard, à l’heure où vous et moi n’avons plus que des activités horizontales. Eux sortent du bureau, enfin ! Mais c’est pour aller boire des bières entre collègues.

On les retrouve dans quelque bar bondé où, en pleine forme, sans le moindre signe de fatigue, ou alors bien vite effacé par la bonne humeur, ils avalent quelques frites noyées dans la Budweiser. Un coup de mou ? Un regard de blues dans la glace des toilettes ? … toujours un ami bienveillant qui vous pose la main sur l’épaule et vous dit « Tu es sûr que ça va ? » « Oui tout va bien je t’assure. »

Plus tard encore, mais je n’ose plus émettre d’hypothèse, ils rentrent chez eux, vont entrouvrir la chambre des enfants, vérifier que les draps se soulèvent en rythme, s’approchent, battent en retraite rassurés, et foncent … vers la cuisine !! Mais iront-ils se coucher ?? Que nenni.

C’est le moment d’ouvrir le frigo, de sortir la bouteille de Chardonnet et de se verser un grand verre de blanc (bon souvent aussi c’est du rouge), puis d’aller se poster à la fenêtre avec un air pensif, non sans avoir jeté ses chaussures au milieu du tapis et, ou desserré la cravate (selon les cas).

Mais ne nous y trompons pas ! Quelle que soit l’heure avancée ou reculée à laquelle nous laissons notre héros à la fenêtre, et quelles que soient ses activités suivantes,  la nuit sera dense et réparatrice. Nous le (la) retrouverons dès l’aube, à l’heure où le soleil rêve encore, dans la cuisine, un plat rempli de délicieux pancakes à la main, sourire radieux. Le petit déjeuner est prêt pour toute la famille. « A table les enfants ! »

Voilà. Je ne sais pas vous, mais moi, ça m’impressionne, me laisse sans voix ! Comment expliquer ce miracle autrement que par une découverte sans précédant ? Ils ont réussi à séparer l’espace et le temps. C’est sûr. C’est ça le secret.

Dom

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I had a cauchemar

I-had-a-cauchemar

C’était tout à fait flippant. Un imaginaire plus vrai que vrai, comme une anxiété sourde et brune.

Comment allais-je avouer ça à mes amis, à ma famille ? Ou alors allais-je tenter de jeter un voile discret autant que précaire sur cette activité honteuse ? Combien de temps allais-je tenir sans que ce terrible secret ne s’ébruite,  la rumeur venant  de façon prévisible mais imparable cracher sur moi les postillons du déshonneur et du bannissement ?

Pour l’heure nous  avions rendez-vous et nous étions sur le point de  déjeuner. Il faut s’imaginer une sorte de grange le long d’une rivière, et nous étions attablées au fond de la salle haute, un grenier, ni plus ni moins. Derrière une poutre, dans la plus grande discrétion, nous devions finaliser mon contrat. Elle, blonde, souriante, la voix forte. Moi, chétive, fluette, acculée, déjà honteuse. Car oui, j’allais commettre l’irréparable, et parapher le document qui allait faire de moi et pour une durée indéterminée sa collaboratrice zélée. Moi c’était moi, et elle c’était la Présidente du Front National. Oui, j’allais travailler pour Marine Le Pen. J’étais Faustine signant avec Méphista le pacte des ténèbres.

 Quelle était ma mission ? Je l’ignore. Terrifiée par cet avenir, et sans doute réveillées  à demi par le bruit des bottes, mes pensées nocturnes vagabondèrent,  me ramenant des années plus tôt, à Paris, dans ce bar où, le jour de la fête de Jeanne d’Arc, j’avais vu débarquer toute une division  de frontistes égrillards. Bousculant chaises, pieds et jeunes filles timides , ils avaient envahi l’espace comme on envahit la Pologne. Avec fracas, rires de hyènes et sourires haineux qui promettent terreur, haine et désolation. Trente secondes de stupeur et de paralysie plus tard, ils promettaient de noyer des Arabes, (non sans avoir sûrement violées les veuves, les filles peut être ?), de couper des têtes, et de se faire des colliers et pendentifs avec les gonades rabougries de ces « salopards de communistes ». A ce moment là, j’avais connu la peur. Oui, la vraie. Le réel fondant sur l’onirique, Le bar, la grange, puis le bar, puis la grange, puis la peur, puis… le réveil. Ouf !

Oui mais voilà j’étais tout à l’envers, anéantie.  A l’envers à un point que je ne saurais décrire, les symptômes allant des légitimes crampes d’estomac à la sueur froide, en passant par le fredonnement intempestif et entêtant des chansons de Jean-Pierre François.  Etais-je à ce point sans solution que je n’avais d’autre recours que de postuler à l’extrême droite ? Y avait-il un lien sous-jacent avec l’actualité ? Comment relier tout cela à la mort de Margaret Thatcher ? Car oui, elle était morte la vieille. Enfin, je veux dire la veille. Comme un symbole, en nous laissant en héritage le résultat merdique de ses idées réactionnaires et libérales. Ce rêve immonde était-il à l’image de notre société malade ? Allions-nous tous basculer de l’incompétence au cauchemar, de la bêtise de nos élites à la marche forcée au pas de l’oie ? De la corruption crasseuse et vénale de cette classe politique perdue aux promesses infernales et dévastatrice de la blonde Marine Attila le Pen ? Il fallait quand même que j’avance, vers la salle de bains, vers des projets viables, crédibles , malgré eux, malgré les salauds, les incapables, qui n’en peuvent plus de jouer avec nous, et pire, avec le feu…

Je te survivrai et tu m’entendras, je te survivrai, la la la la la ….

Dom

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