Petit jeu d’économie libérale

C’est un jeu très rigolo. D’ailleurs la preuve, le monde entier y joue tellement c’est marrant. Il suffit de privatiser les profits, et de publiciser les pertes !

Alors toi aussi, viens jouer avec moi !

Familiarisons-nous tout d’abord les cartes en présence.

– Nous avons en premier la carte « Etat-via-nos-impots ». C’est une carte très importante, car c’est le joker. C’est la carte qui te sort de toutes les situations, et qui te permettra de gagner même si tu perds !
– Ensuite, la carte « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut ». Cette carte est géniale, car c’est la plus puissante ! En gros, elle fait ce qu’elle veut, et a tous les droits.
– Il y a aussi la carte « Salarié-futur-chômeur ». On peut la piocher quand on en a besoin, et selon le cours des événements, le but est de s’en débarrasser le plus vite possible. Tu verras, c’est très marrant.
– Enfin, la carte la plus maligne, celle qui tire les ficelles, mais aussi les marrons du feu. C’est la carte « Actionnaire-planqué-en-Suisse-qui paie-pas-d-impots » !
– A noter, parfois intervient aussi une carte sans importance appelée « Le-con-de-client ».

Quelques exemples avant de commencer la partie ? Tu verras, c’est très simple.

A – Prenons une « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut » dans le domaine de la distribution de vêtements bon marché… Par exemple appelons la « Pimkiki ». Cette entreprise gagne un argent fou ! C’est super, même que son « Actionnaire-planqué -en-Suisse-qui paie-pas-d-impots » est très content, il gagne plein de soussous ! Pour cela, il exige de ses « Salariés-futur-chômeurs » une totale flexibilité. Sur les horaires, les tâches et les missions. Dans le même temps, grâce à sa carte « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut », il les paye le moins possible, au taux horaire SMIC (Une carte chance). Du coup, les « Salariés-futur-chômeurs » qui sont souvent à temps partiel finissent le mois le 12 ! Mais ils continuent à travailler jusqu’au 31, pas d’inquiétude. Par contre, ils ne peuvent pas payer leur loyer tous seuls. Ils font donc appel à l’A.P.L, une carte « Etat-via-nos-impots ». Du coup, l' »Actionnaire-planqué -en-Suisse-qui paie-pas-d-impots » est content, il n’a pas besoin d’ajouter d’argent pour ses « Salariés-futur-chômeurs », il n’a plus qu’à recevoir ses gras dividendes, vu que l’ « Etat-via-nos-impots » paie la différence ! Chouette non ?

B – Autre exemple de partie intéressante : le jeu de l’Or gris. Il suffit de jouer avec des vieux ! Prenons une « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut » et appelons-la au hasard « Koriace« . Le groupe Koriace sait qu’il y a de plus en plus de vieux. C’est super ! On peut entasser des vieux dans des bâtiments et les transformer en « Cons-de-clients ». Le vieux est pratique, car il prolifère, il bouge très peu, et les familles ne demandent qu’à s’en débarrasser. Koriace les met donc dans des maisons de retraite. Pour cela, il sollicite sa carte « Etat-via-nos-impots » ! Il demande des subventions à l’ANAH (Agence nationale pour l’habitat) et surtout à l’ARS (Agence Régionale de Santé). L’ARS lui donne de quoi embaucher des infirmières et du personnel de santé. C’est sympa cette carte « Etat-via-nos-impots » quand même. Mais attention, elle finance au minimum. Alors, Koriace devrait prendre sur ses deniers pour embaucher plus d’infirmières…? … Mais non. Du coup il faut que les « Salariés-futur-chômeurs » travaillent plus et s’occupent moins des « cons-de-clients »… Il faut « rationaliser » : 8 biscottes par semaine (2 le Dimanche), 9 minutes de soins par jour, 3 couches et 1/2 par mois et 1 infirmière pour 300 « Cons-de-clients ». Mais parfois le « Salarié-futur-chômeur » en fait trop, il ramasse la biscotte qui est tombée du côté beurré. Quel con ! Du coup Koriace est obligé de le virer ! Par contre, à ce stade, ça ne suffit pas encore à faire de l’or gris. Il faut que le « con-de-client » ou sa famille raque un maximum, afin que les « Actionnaires-planqués-en-Suisse-qui-paient-pas-d-impots » soient contents. Les « cons-de-clients » n’ont qu’à tirer une carte « Etat-via-nos-impots » appelée Sécu pour limiter les dégâts.

C – Le jeu de la banque. C’est un des plus marrants, vous allez voir ! La Banque a sa carte « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut » ! Les banques ont même un privilège au jeu, car elles sont les seules à posséder la carte « Grande-Manitou-qui-fait-la-loi-dans-le-monde » ! Du coup c’est encore plus simple. La Banque Centrale (Soutenue par « l’ Etat-via-nos-impots ») lui prête des milliards à des taux tous petits petits ! Après, elle les re-prête à des taux hallucinants au « Con-de-client » qui veut acheter sa maison. Parfois, « le con-de-client » est un « Salarié-futur-chômeur » qui perd son emploi. Du coup, il ne peut plus payer sa maison. Alors la Banque avec sa carte « Grande-Manitou-qui-fait-la-loi-dans-le-monde » met la maison aux enchères, à un prix ridicule ! Par contre, elle n’informe pas les gens. Elle informe juste une autre « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut » de l’heure et l’adresse de la vente aux enchères. Comme ça, c’est la « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut » qui rachète la maison pour une bouchée de pain ! Pour la revendre ensuite au prix normal du marché ! Bingo !!! Et vous savez quoi ?? la « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut » qui a racheté la maison pour la revendre est …. une filiale de la Banque !!! Bingo-Bingo ! Par contre attention, le « Con-de-client » doit continuer à payer son crédit toute sa vie hein ! Parce que la maison a été rachetée seulement pour une bouchée de pain et ça ne suffit pas à rembourser le crédit ! Et puis parfois, la Banque se retrouve en danger parce qu’elle a joué avec l’argent à des jeux stupides ! C’est bête hein ?… Mais non mais non. Elle tire alors à nouveau sa carte « Etat-via-nos-impots » qui lui vient immédiatement en aide. Voilà voilà …. C’est marrant ce jeu hein.

D – Bon allez, dernier exemple ! Une « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut » construit des voitures. Appelons-la Pijot.
Pijot, pour que les « Cons-de-Clients » achètent des voitures chères, exige une carte « Etat-via-nos-impôts » avec des Primes à la casse, des subventions, des exonérations de charges, du chantage à l’emploi. Comme ça, les ventes repartent et les « Actionnaires-planqués-en-Suisse-qui-paient-pas-d-impots » sont contents, ils s’en mettent plein les fouilles. Puis une crise intervient, et la « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut » doit faire de la stratégie, afin de préserver sa carte « Actionnaire-planqué-en-Suisse-qui-paie-pas-d-impots ». Qu’à cela ne tienne ! elle n’a qu’à virer en masse des milliers de « Salariés-futur-chômeurs » qui seront pris en charge par la carte « Etat-via-nos-impots » sous forme d’allocations chômage. Ensuite, pour faire repartir ses ventes, la « Grande-société-privée-qui-fait-ce-qu-elle-veut » tire une nouvelle carte « Etats-via-nos-impots » pour obtenir de nouvelles aides afin que les « cons-de-clients » reviennent acheter des voiture pour continuer à verser des dividendes aux « Actionnaires-planqués-en-Suisse-qui-paient-pas-d-impots » ! Comprenez-vous ?

Voilà, c’est un jeu très simple. Les gains sont privés, et les pertes sont publiques ! Si tu as les bonnes cartes tu gagnes . Sinon tu perds …. C’est ballot.

Alors, tu veux jouer avec moi ??

Dom

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